Le jardin du Grand Créateur ou Pourquoi neige-t-il ? 

Il y a très longtemps, le Grand Créateur fonda le monde. Sur une couche de glaise, il fit pousser des arbres, des fleurs, des buissons. Dans une grande flaque d’eau, il déposa des crustacés, des poissons multicolores, des mammifères avec ou sans poil. Sur le sol, il fit courir des tas d’animaux de tailles et de caractères différents. Enfin, il parsema le ciel de nuées d’oiseaux aux plumages attrayants et aux cris moqueurs.

Le Créateur regardait son travail satisfait. Le sol fourmillait de vie. Le silence avait été effacé par les chants et les cris d’allégresse. Justement, c’était ce silence d’abord pesant au coeur du Créateur qui finissait par lui manquer. Car le neuf et joyeux brouhaha qui régnait sur le monde s’était transformé en un tintamarre strident et insupportable. En effet, tous les animaux, à force de se côtoyer à longueur de temps, n’arrivaient plus à se supporter.

Le singe se servait comme d’une balançoire, de la trompe de l’éléphant qui se rebiffait en le giflant de ses grandes oreilles. La girafe, grâce ou à cause de son long cou, espionnait et importunait les oiseaux dans leur arbres. Le chien agaçait le chat et vice versa. L’ours récoltait des piqûres après avoir chipé leur miel aux abeilles. Bref, il y en avait toujours un pour irriter l’autre. Chaque dérangé, chaque humilié, chaque arroseur-arrosé se tournait vers le Créateur qui entendait des « Père! Père! » dans toutes langues existantes. Résonnait sur le monde un concert de plaintes.

– Assez! Assez! Tonna le Créateur agacé.

Et dépassé, il les plongea tous dans le sommeil. Mais beaucoup se mirent à ronfler. Cela allait du simple soupir au vrombissement assourdissant. D’autres rêvèrent, parlèrent ou rirent les yeux fermés. Ceux qui faisaient des cauchemars se mirent à gémir et à pleurer. Bref, ce fut un échec.

Le Créateur, loin de se décourager, se dit qu’une bonne douche froide leur ferait du bien. Il y eut d’abord des cris d’excitation. Les singes et les lapins firent des bonds dans les flaques. Finalement, tout le monde eut froid et chacun se mit à claquer des dents. Ce qui fit souffrir les oreilles du Créateur.

Flûte, grogna-t-il. Et il décida de les plonger dans une nuit sans lune. Après une seconde de calme, ils se mirent tous à hurler de terreur.

C’est après les avoir ramenés à la lumière et à leurs couleurs familières qu’il eut une idée. Il fit pleuvoir des milliers d’étoiles sur le sol. Bientôt, le vert éclatant de l’herbe se couvrit d’un blanc apaisant. Les remous de l’eau se figèrent sous une pellicule de glace. Les sons ne trouvèrent plus d’écho. Un froid calmant se déposa sur les écailles et les fourrures. La tortue se réfugia dans sa carapace et n’en bougea plus. L’écureuil, frileux, partit inspecter son stock de noisettes. L’ourson se pelotonna contre ses frères et ses sœurs et ils s’endormirent calmement.

Satisfait, le créateur décida d’octroyer chaque année ce temps de repos aux animaux. C’est depuis ce jour, qu’à chaque hiver, la neige tombe pour offrir à la nature un sommeil réparateur.

Aurélie


Pourquoi y a-t-il des hommes chauves ?

Au commencement, en des temps que même les plus anciens des anciens ont oublié, quand les glaces recouvraient la Terre, que le froid régnait partout sans partage, l’Homme n’avait pour se protéger que bien peu de moyens. Il lui fallait pour survivre utiliser ce qui était à sa portée. Et parmi les choses naturelles dont il disposait à foison, on trouvait les poils. Et oui ! En cette période de glace l’homme était recouvert de la tête au pied  de poils. Certains plus longs que les autres, parfois blonds, bruns ou noirs, frisés, raides ou crépus. Des poils de la tête aux pieds. Seul le dessous de ses pieds et de ses mains était épargné. Savez-vous pourquoi ? Les hommes se déplaçaient encore à quatre pattes, les poils n’arrivaient pas à pousser dans ces endroits stratégiques…

Les poils constituaient donc pour l’Homme une protection et une force. Ils lui assuraient la survie dans un milieu hostile.

Puis les années passèrent, les siècles et les millénaires aussi.

Le climat changea. Les glaces fondirent et les hommes n’eurent plus besoin de tous ces poils qui commençaient même à leur tenir chaud. Le monde fut moins hostile pour l’Homme.

Peu à peu, les poils devinrent moins denses, moins longs. A la même période, l’homme commença à se redresser et à poser sur son corps des peaux d’animaux. Les poils ne purent plus pousser librement.

L’Homme vécut en harmonie avec la Nature.

Et le temps continua de faire ce qu’il fait si bien depuis toujours : passer.

Puis les Hommes inventèrent l’école; les jeunes y venaient pour écouter les anciens. Ils passaient des heures, assis, la tête entre les mains, afin de mieux comprendre, mieux appréhender ce monde fascinant qui les entourait.

Les problèmes épineux, les sujets complexes, les fascinaient et les faisaient s’animer, se gratter le crâne à la recherche d’une explication.

Et le temps lui, ne cessa jamais son ouvrage : passer.

L’homme, insatiable, se posait toujours plus des questions. Lorsqu’il cherchait des réponses, il se prenait la tête se faisait des cheveux blancs, coupait les cheveux en quatre, s’arrachait les cheveux lorsqu’il ne comprenait pas… Et il ne comprenait pas tout et de loin !

Et c’est ainsi qu’à force de s’arracher les cheveux, les Hommes sont devenus chauves.

Et les femmes me direz-vous ? Ça c’est une autre histoire que je vous raconterai un autre jour. Mais ce que je peux vous dire c’est qu’elles n’eurent nul besoin de se crêper le chignon pour développer leurs connaissances…

Evelyne