En octobre 2021 est paru aux Editions Zoe le dernier ouvrage de Blaise Hofmann : « Deux petites maîtresses zen ».

Je l’ai dévoré rapidement, comme tous les écrits de cet écrivain suisse, parfois voyageur, parfois “bien ancré dans sa terre d’ici”. Et j’ai adoré ce livre, qui m’a semblé assez léger… Enfin, léger, du moins, dans un premier temps. Parce qu’ensuite, j’ai réalisé que diverses pistes de réflexion se mettaient en marche, alors j’y suis revenue, plusieurs fois, laissant du temps entre deux relectures de certains passages.

C’est peut-être cela que produit ce texte de Blaise Hofmann : on y entre par une petite fenêtre, et on y revient… par la grande porte.

« Deux petites maîtresses zen ». Voilà déjà un titre original, un peu mystérieux au premier abord.

De quoi est-il exactement question dans ce livre ? Et bien il s’agit d’un récit de voyage d’un quarantenaire ayant pas mal bourlingué seul dans sa première jeunesse et qui se lance ici dans un trip de plusieurs mois en Asie. Les modalités sont nouvelles pour lui, puisqu’il est accompagné de son amoureuse et de ses deux petites filles de trois et deux ans. Le voyage, commencé en septembre 2019 devait durer dix mois environ. Mais c’était sans compter avec l’arrivée d’un affreux virus à l’origine d’une pandémie mondiale. Le covid-19 imposera sa loi, il faudra abréger le voyage et rentrer en urgence en Suisse, avant que tout ne se ferme…

On suit l’écrivain et sa famille dans plusieurs pays. Il jette un regard parfois désabusé sur le tourisme de masse, la standardisation et également sur ses propres pratiques « de connecté 2.0 ».

On s’émeut aussi de ce que signifie pour lui le fait de devoir sans cesse accorder son rythme à celui des deux petites maîtresses zen. Il découvre que la vision monde à hauteur de ses deux petites filles est parfois captivante, différente souvent de la sienne. Cela l’entraîne, ainsi que le lecteur, à se poser de nombreuses questions.

La richesse de ce récit vient aussi des références géographiques, historiques, géopolitiques, littéraires que l’auteur parsème ici et là au fil des pages.

Léger ? Oui et non, donc… C’est ce qui fait de cet ouvrage, peut-être le dernier récit de voyage d’avant la pandémie, un livre passionnant que je vous recommande vivement de découvrir.

Francine