Un trottoir, un mur écaillé et quelques maisons derrière.

Une route de terre, toute droite et une rangée d’arbres pour laisser passer un soleil étincelant.

Je marche là, toute seule, plongée dans un sentiment de vide intense.

La tristesse me gagne. La tristesse m’envahit.

Au loin, deux silhouettes attendent, assises sur le rebord du trottoir : une Ancienne et une Enfant.

Je m’approche lentement, sans voix, dans un silence lourd. Seuls mes pas crissent sur le sol rugueux, irrégulier et sans vie.

La femme, sévère, inquiète peut-être, regarde l’enfant potelé qui déjà a trop vécu.

Une marée d’émotions me bouleverse.

Je me sens intruse à cet instant-là.

Qu’ai-je à donner ? Qu’attendent-elles de moi ?

Que je passe mon chemin, ma foi.

 

Anne-Marie