Françoise Duvoisin anime un atelier d’écriture, « Le reflet des mots », quatre samedis par année scolaire, dans un lieu particulièrement enchanteur et propice à suggérer l’imagination : La Maison de Quartier du Désert, au bout du chemin de Pierrefleur, à Lausanne.

Cet atelier est ouvert à toute personne ayant ou non une expérience importante de l’écriture.

Pour plus de renseignements d’ordre pratique, n’hésitez pas à contacter Françoise, par téléphone au 076 / 365 54 91, ou par mail : francoise.duvoisin5@sunrise.ch

L’histoire de cette Maison de Maître remonte au XVIII e siècle.

Au fil du temps, elle a connu divers propriétaires et attributions.

Dans les dates récentes la concernant, on peut mentionner qu’elle a été classée monument d’importance régionale en 1970, et aussi que la famille Rivier a vendu le domaine à la Ville de Lausanne en 1989.

En 2016-2017, la Maison de Maître a été entièrement rénovée et rebaptisée La Maison du Quartier du Désert. Elle accueille pour leur plus grand plaisir petits et grands pour diverses activités.

L’atelier d’aujourd’hui auquel j’ai eu grand plaisir à participer avait pour thème je cite : « L’eau – Dans l’étang – Est occupée – À garder le temps (Guillevic) ».

On a eu la chance de longer par beau temps ce superbe étang qui donne l’impression de se retrouver en une fraction de seconde à la campagne ! Tritons en goguette, luxuriante végétation, grenouilles généreuses en coassements sonores, corneilles à la démarche sautillante, chats du quartier, joggers et enfants.

Françoise propose des consignes variées et originales, souvent accompagnées de documents très intéressants, riches en textes et en photographies. Cela se révèle stimulant pour l’imaginaire apporte le vocabulaire en lien avec la faune et la flore de l’étang.

Ses retours chaleureux sur les textes partagés sont porteurs et encourageants.

Un bel atelier, dans un ailleurs qui aura apporté à chacune des participantes, selon leurs dires, une jolie parenthèse hors du temps, une bouffée d’air frais !

Découvrez le beau texte de Bettina, après la série de photos.

Prochaines dates : 22 septembre 2018 – 17 novembre 2018 – 9 février 2019 – 11 mai 2019. (De 9 h 00 à 17 h 00).

Francine

 

Elle

Elle entre sur la scène du printemps, douairière échappée du froid, à peine entravée dans sa démarche par ses multiples jupons tombants. Une reine flétrie sans plus aucun royaume, je ne peux lui donner d’âge sous ses airs passés.
Ses jambes graciles se devinent à peine sous les voiles en corolle nuances de verts, du tendre à l’eau, aux nervures filamenteuses et synaptiques. Sa peau translucide d’un blanc violacé laisse au contraire paraître tous les vaisseaux, inextinguible couperose du temps, une beauté fanée pour qui ne saurait voir.
Majestueuse, elle approche, et de légers effluves de parfum d’enfance l’accompagnement délicatement.
Elle porte un soin extrême à sa toilette, les mains les plus expertes ont dentelé ses atours; elle semble toujours apprêtée pour un premier bal. Elle darde ses longs doigts fins comme pour capter l’attention de ses semblables. Les paumes souvent fermées comme pour retenir le secret qu’elles conservent.
Elle approche encore, mon index frôle alors subrepticement ses tissus soyeux, douceur infime sous mon doigt. Sa peau, bien que ridée, garde miraculeusement la fraîcheur de la jeunesse.
Je m’approche, l’embrasse, mon nez enfoui dans sa nuque protégée d’un foulard de sépales. Je m’y attarde, plaisir défendu d’un partage d’intimité, une odeur plus entêtante.
Sans aucun égard, un vent soudain et effronté soulève honteusement ses jupons. Confuse, elle retire prestement son visage du mien et se cache.
Je l’ai perdue.
Elle, mon hellébore.

Texte de Bettina, écrit lors de l’atelier de Françoise sur le marais, 5 mai 2018.