Le vent

Quand je dis vent, je le sens s’engouffrer sournoisement entre mes boucles me réduisant à l’état de porc-épic apeuré.

J’adore sentir les gifles qu’il me donne, vivifiantes, cordiales et excitantes. Je ressens avec jouissance ce corps à corps. Le vent m’aspire, m’inspire, m’impose son insolence, sa puissance.

Quand je dis vent, je me vois assise en tailleur à l’abri d’un rocher, spectatrice de ce tableau mouvementé: Tous ces bleu gris, ces verts dépossédés de leurs nuances par les claques de l’océan. L’étrange ballet de ces nuages qui s’enflent, s’étouffent et se défont.

Quand je dis vent, je vois les feuillages des arbres s’agiter, les branches se plier, les feuilles tombées. Il s’enfile, se faufile, insiste, disparaît et revient.

Infatigable, il décide, il tente, il s’amuse, il nargue, il teste, il se dérobe, il glisse et s’évanouit.

 

Aubépine