La tombe

Pourquoi tous ces mystères autour de moi ? Ce silence et ces pas feutrés lorsque vous passez près de moi ? Je ressens comme une certaine gêne de votre part et aussi de l’appréhension… mais voyons ne l’avez-vous pas encore remarqué ? Pourtant je suis bien terre à terre……mais je suis une tombe !!! Oui, une tombe !!! Donc vous ne me dérangez pas ! Bien au contraire, je suis bien contente que vous tombiez sur moi, car j’étais murée en moi-même depuis une éternité et comme je suis muette comme une tombe, je n’ai pas souvent l’occasion de pouvoir m’exprimer. Alors, aujourd’hui comme il fait très chaud et que vous vous êtes adossé contre ma stèle près duquel y est planté ce magnifique saule pleureur afin d’y trouver un peu d’ombre et peut-être pleurer une âme défunte, je vous prête volontiers une oreille. Voyons ne soyez pas si discret et osez me confiez vos peines. Je suis, je vous le rappelle, une tombe et qui plus est muette comme une carpe ! Au passage, je vous prie de bien vouloir me débroussailler un peu, car toutes ces feuilles mortes me cachent et me chatouillent aussi. Ceci fait, vous reviendrez peut-être me voir, car je suis une bonne confidente. Et peut-être, donnerez-vous aussi l’envie à d’autres passants de s’arrêter près de ma tombe et de venir s’adosser contre ma stèle bien fraîche.

Texte de Guila M., écrit lors de l’atelier “”Ô temps en emporte le vent!” du 2 septembre 2018 à Lausanne.